Monday, 26 June 2017

The Bane of My Hypocrisy by Allison Grayhurst

The Way Down by WH 


Point - a head twisted backwards,
gazing with upside-down eyes
at the rainy world, a tightly woven
madness that is interrupted at the moment
of release, beauty recovered
but broken before experienced - an acorn
crushed by a car wheel - the treacherous and
oblivious - a candle looked at but never lit.
It is the time of a baby’s teething, when pain drools out in
a flooding aftermath of unnameable agony.
This is the child who
has no use for the outside world. This is me curled into
a dull surrender - unsure if there is a next move,
if there will be a time when I can rid myself of the bile
filling my belly - the corporate pimps and sluts, the self-
important money-makers, the big little people,
these devil’s minions who try to bury me in their fear
and their soulless security, panting at my doorstep
with their sewn-on smiles and breath
of fresh infant’s blood.

*****

Allison Grayhurst is a member of the League of Canadian Poets. Three times nominated for Sundress Publications “Best of the Net” 2015, she has over 1000 poems published in over 410 international journals. She has sixteen published books of poetry, seven collections and nine chapbooks. She lives in Toronto with her family. She is a vegan. She also sculpts, working with clay; www.allisongrayhurst.com

Friday, 23 June 2017

Civilisé nouveau recueil à paraître de Walter Ruhlmann

Painting by Norman J. Olson


J'ai écrit les premiers textes du recueil civilisé en 2005 sans savoir à l'époque qu'ils  seraient réunis dans ce recueil. Entre 2011 et 2015, je n'ai quasiment écrit qu'en anglais et ai publié 5 recueils en anglais toujours disponibles (Maore, From Mayotte [Lapwing Publishing], Carmine Carnival [Lazarus Media], Twelve Times Thirteen [Barometric Pressure -- Kind of A Hurricane Press], The Loss [Flutter Press] et Crossing Puddles [Robocup Press] tous écrits entre 2011 et 2014 et publiés en deux ans) et deux en français (Etranges anges anglais et Post Mayotte Trauma [mgv2>publishing] toujours disponibles)

Il m'a fallu faire pause et je n'ai pour ainsi dire rien publié et encore moins écrit depuis la fin de l'année 2015 jusqu'à maintenant. (Je viens juste de proposer quelques textes à des revues américaines dont un poème écrit ce mois-ci que je couvais depuis près d'un an).
Civilisé, renoue avec la noirceur des débuts, un style plus directs, des images aussi fortes que dans Les chants du malaise mais avec vingt ans de plus de maturité.

J'ai choisi une toile de mon ami Norman J. Olson avec lequel j'ai collaboré longtemps pour la revue mgversion2>datura et les éditions mgv2>publishing, qui en dit long et qui fait écho à l'état d'esprit dans lequel ces poèmes ont été écrits.

Un homme ventru, vieillissant, nu, plutôt déprimé, pâle, à terre, mais pas encore terrassé, toujours homme, ou viril si l'on veut.

Ce recueil sera disponible le 1er juillet. Pour plus de détails me demander par mail wruhlmann@gmail.com


Extraits

Nous évoluons dans un milieu septique


Il y a des moutons à cinq pattes et des cochons volants
en Angleterre.
Il y des poules avec des dents, des casses pieds, des entêtes, furieuses d'avoir été laissées tomber.
Elles sombrent dans les pieds de page sans fond, aux instincts glauques,
dans les instants trompeurs aux intestins fragiles.

La crasse balaie nos rayons bleus,
elle annihile l'espoir riant,
la coupe est pleine, elle se déverse en jus infâme autour des canapés brûlés.

J'écrase les mégots dans des tasses de thé,
je sens le gaz souffler à mes narines,
un air marin de pacotille.

Le ciel gris sur les monts enneigés,
neiges éternelles salies par les scories mentales des touristes cramoisis.

Fais-toi mouton de Panurge, gant de velours autour d'une main de fer,
fais-moi chavirer dans la pénombre des entrailles de la Terre.
Le soleil broie le corps émacié du corbeau,
il rôtira ce soir sur la grille de mon barbecue.

*****

Tu pues sapiens


Fallait-il cet objet flasque et moite,
impossible à toucher sans qu'il crève,
impossible à saisir sans qu'il glisse ?

Manquer de croire encore et, souvent,
imaginer l'éponge – la conscience de soi :
elle insuffle sans doute un contenu opaque
à sapiens.

Accroupi sous un sapin
où il écaille des fruits,
perdu, nu, gelé jusqu'à la moelle.

La montagne, un bercail incertain,
un havre navrant, blanchi soudain
et con
tant qu'il en est vomi

sur les chemins sinueux qui descendent en amont
des rivières, des cours d'eau, bouillonnants
superflus, aux crues gluantes et ternes.

Les odeurs indescriptibles,
les gymkhanas à skis, slaloms mollassons,
un cri fait écho à la forte puanteur,
un hurlement lugubre venu des aubes
des dernier survivants
humains :
tu pues sapiens !

Sunday, 18 June 2017

Datacenter de Léonel Houssam aux éditions du Pont de l'Europe


DATACENTER Léonel Houssam - Photographies de Yentel Santitre
12€
CATÉGORIE :
Livre - Récit
RÉFÉRENCE :
ISBN 978-2-36851-184-8
DESCRIPTION :
Disponible le 23 juin 2017

Nos dépouilles peinent à percer le mystère de l'envie au-delà de la mort, les débris de nos âmes, la distorsion de la notion de bien et de mal, du merveilleux et de l'horreur, ils partouzent sur nous avec bonheur, ils transpirent, giclent, vomissent sur nos pauvres carcasses accrochées aux caddies, des débris, je vous dis, des débris, nous sommes des débris de morale, des déchets d'âmes, des alevins gluants classés sans suite dans les câbles du DATACENTER !

Léonel Houssam - DATACENTER

Photographies de Yentel Sanstitre

146 pages - Papier  couché semi mat 135 g

Envoi postal en lettre suivie

Sunday, 14 May 2017

Cannes, festival off de Jérémy Bérenger

Les mendiants, Pieter Brueghel l'Ancien

Le crooner blazer rouge canotier vomit du Sinatra dans son amplikaraoké, qui se venge par de stridents larsens. Son pseudonyme ronfle en lettres vermillon sur un panneau scotché de petites gloires découpées dans des journaux confidentiels, disparus, sabordés. Vacations minables, banquets d'hospices, arbres de Noël caritatifs, baloches de sous-préfectures indigentes, petites gloires obsolètes, jaunies, avortonnes, à l'image de son singe savant - impossible groupie ? Egérie ? Progéniture ? - échappé d'une toile de Brueghel l'Ancien, manteau élimé griffé Secours Popu, qui promène une sébile parmi les passants goguenards. A quelques pas, un mime au crâne rasé ne remue que son oreille droite  depuis dix Palmes d'or. Trois flics plus loin, un pauvre vieux ramassé en tas sur un pliant joue des rengaines préhistoriques sur un synthé calamiteux. « La musique m'a sauvé de la polio », affirme-t-il par l'intermédiaire d'un panonceau à la peinture écaillée. Belle lurette qu'il est branché sur pianotage automatique, et qu'il ne remarque plus le bétail qui ne le remarque pas, ou à peine. On le pose le matin sur son arpent de pavé taxé. Au soleil tombé, on vient le reprendre, on le couche et on va boire ses maigres oboles.

Ce soir, au Bunker, sont attendus Deneuve, De Niro, Binoche, Bruce Willis. Délire grandiloquent dont je n'ai cure, n'en goûtant que le contrepoint dérisoire. Je ne sors, durant le Festival, que pour arpenter cette Croisette des miracles inaccomplis, et m'adonner à la contemplation jubilatoire des mêmes rogatons du Spectacle admis chaque année, sur le front de mer, à afficher leur sourire jaune, quand récolter des miettes les fait encore sourire. Miettes laissées par des mythes vivants, inaccessibles, accomplis, reconnus. Pas eux, qui gardent la foi qui soulève des montagnes bien pesantes, en vérité. Foi aveugle en un talent qui ne rencontrera jamais d'autre public que le chaland venu applaudir des divinités entraperçues derrière les glaces fumées d'interminables limousines. Eux, bateleurs felliniens sans Fellini possible, se revendiquent de leur monde. Le spectacle est une grande famille, dit-on. Y croire. Pas de famille sans ses ratés, dit-on aussi. Y croire  quand même. Keep positive ! Vaut mieux.

Dix jours pour cela. Dix jours de manche sans belle, de picaillons jaunes au fond d'un fond de bouteille d'eau minérale, de casquettes piétinées. De quête, mais plus celle de la reconnaissance. Trop tard. Sont-ils autre chose que de pittoresques profondeurs de champ ? Là où, figurants sans cachet, ces bouffons déchus ne se dépêtrent pas de leur bohème, les stars ont réussi, d'abord et surtout, une alchimie dont l'opération est rendue improbable à la vocation grévée par l'isolement et une tenace impécuniosité : transmutation d'un talent en contrats à tiroirs, en articles de presse à sensation et en sauf-conduits transmissibles par voie d'héritage, via les réseaux d'influences adéquats - les conjonctions s’opérant lors de cocktails, de galas donnés en des salons et antichambres où s'entretiennent, se maintiennent et perdurent l'entre-soi, l'esprit de corps élitaire, électif, auto-exalté après s'être autoproclamé. La carrière s'ensuit, cloisonnée dans une image affinée au gré des tendances, parée de toilettes sur mesures fluctuantes au fil des grossesses, des anorexies, des overdoses, des passages à vide et des rumeurs sidéennes, le tout sanctionné par toujours plus de zéros se succédant derrière des monnaies fortes, insolents au regard des salaires symboliques consentis à ceux qui par millions, tiennent pour référence idéalisée leur étalon de dilection - ledit modèle fût-il entaché de parano camée, alcoolisée, suicidante pour atteindre au mythe - la mort violente permettant seule l'admission au Panthéon de la légende.

La descendance, s'il y en a, prendra le relais, selon le principe éprouvé de reproduction des élites. Talent ou pas, il est des noms à qui tout est redevable et dû, qui sont autant de labels de pérennité rassurante, retors aux remises en cause, garants de parts de marché et par là, favoris des castings et des commissions d'avance sur recette, de la même façon qu'ailleurs, il est des noms qui échappent d'office au crible des sélections sur des critères de compétence, à ceux des comités de lecture, des entretiens d'embauche et autres abattoirs d'impétrances. On va se servir chez le même tripier parce qu'il est le fils d'un tripier renommé et qu'on sait où on va. Ainsi donc, en cinéma et plus largement en art, s'il est des noms qui signifient un destin, il en est d'autres qui ressemblent férocement à des fatalités.

Tel Luis Bastiano, le crooner canotier veste-rouge, dont le show est  interrompu par l'irruption intempestive de gardiens de la paix relative, provoquant les glapissements de son singe savant. Attroupement immédiat.  Faisceaux, braqués sur l'échauffourée, d'objectifs en mal de bêtisier. Le crooner est prié de regagner sa loge, faute de pouvoir produire le ticket de trottoir qui lui donne le droit de mettre en espace son échec. Je pense, sans une once de commisération, à la quantité industrielle de sardines en boîte que le malheureux a dû ingurgiter depuis le début de son anti-carrière. Dure est la réalité. Précoces sont les fins de mois. Misérables sont les kleenex empesés des rêvasseurs qui n'ont jamais compris que hors la détention d'un nom-label hérité de droit médiatique, le talent, s'il est authentique, se cultive, se façonne et ne s'accomplit qu'au prix d'une exaltation sans trêve de son unicité. Résistant au réel avec pour seul arme sa spécificité, l'artiste viscéral crée son style et se crée le sien sans parodie ni concession, et à l'éventuel public et aux critères posés par les instances décisionnelles du moment. Hurler avec les loups signe la déchéance d'une vocation. Quand on ne sait pas faire sans, alors qu'il est impossible de faire avec, on se tait à jamais. Les flics embarquent Luis Bastiano et son singe savant. Les lazzi fusent, mais les uniformes n'en sont pas la cible. Le bétail pardonne ses pires errements aux stars qu'il encense. Aux ratés, il réserve ses ordalies, comme naguère aux idiots, aux bossus, aux bâtards.

Nouvelle publié dans Mauvaise graine numéro 23, juin 1998

Saturday, 22 April 2017

Acid rain by Mark Young



It was some little overdone
b!tch—resin rings, resin cuffs,
patent leather pumps, the cutest
little suede & leather handbag,
& the entire ensemble topped off

by a parasol the size of a circus big
top—that Engels was trying to chat up
who first theorized the relationship
between the family & women's
oppression, & opined that the

literature on the latest designer
toys illustrated the paradigm that
the types of familial relations with-
in which humans live are neither
instinctive nor eternal.

Monday, 17 April 2017

Hard Words by Volodymyr Bilyk

Harde Taale by Photocapy


1.
ACETYLGALACTOSAMINYLTRANSFERASE
ESOPHAGOGASTRODUODENOSCOPICALLY
TETRAMETHYLENEDISULPHOTETRAMINE
BENZYLDIMETHYLHEXADECYLAMMONIUM
DICHLORODIPHENYLTRICHLOROETHANE

2.
ETHYLBUTYLACETYLAMINOPROPIONATE
TRIFLUOROMETHYLPHENYLPIPERAZINE
ACYLGLYCEROPHOSPHOETHANOLAMINE
CYCLOPENTANOPERHYDROPHENANTHRENE
ENCEPHALOMYELORADICULONEUROPATHY

3.
DIOCTYLBENZOTHIENOBENZOTHIOPHENE
LARYNGOTRACHEOBRONCHOPNEUMONITIS
DICHLORODIPHENYLDICHLOROETHYLENE
TRICHLOROPHENYLMETHYLIODOSALICYL
ACETYLGLUCOSAMINYLGLYCOPEPTIDE

4.
TETRAMETHYLENEDISULFOTETRAMINE
SULPHOQUINOVOSYLDIACYLGLYCEROL
DICHLORODIPHENYLDICHLOROETHANE
IMMUNOELECTROCHEMILUMINESCENCE
METHYLENEDIOXYBENZYLPIPERAZINE

5
ACYLGLYCEROPHOSPHOETHANOLAMINE
ETHANOLAMINEPHOSPHOTRANSFERASE
HIPPOPOTOMONSTROSESQUIPEDALIAN
DIPALMITOYLPHOSPHATIDYLCHOLINE
PSEUDOPSEUDOHYPOPARATHYROIDISM

6.
ACETYLGLUCOSAMINYLTRANSFERASE
IMMUNOELECTROCHEMOLUMINESCENCE
DIMYRISTOYLPHOSPHATIDYLCHOLINE
MANNOSYLPHOSPHORYLTRANSFERASE

7.
AMIDOPHOSPHORIBOSYLTRANSFERASE
PSYCHONEUROENDOCRINOIMMUNOLOGY
SULFOQUINOVOSYLDIACYLGLYCEROLS
DIMETHYLACETYLENEDICARBOXYLATE
TRIHYDROXYMETHYLANTHRAQUINONE

Thursday, 6 April 2017

A Semiological Disagreement on the Big Blue Bus by Jeff Nazzaro

Photograph by Flora Michèle Marin

People file onto the bus, filter into the back. One man sticks his head in the door and asks the driver if it is the Rapid.

She says, “No, this is the local.”

“Good,” the man says. “I want the local.” He boards the bus. He wears a white T-shirt and jeans, designer sunglasses, a small backpack slung over his right shoulder.

Some others get on. A student. A woman wearing the baseball cap and polo shirt of a fast food restaurant worker. A man in a pinstriped suit carrying a leather satchel.

“Downtown Santa Monica?” the man in the suit asks.

The driver nods, “Mm-hm.”

Another man gets on. His clothes are filthy, his hair matted. He carries an overstuffed tote bag. Coming out of the top of the tote bag is an old mattress pad with wooly white fibers sticking up every which way.

“Can I just put a little something in the fare box?” he asks the driver. He extends his open hand: scuffed nickel, bent dime.

“Mm-mm,” the driver shakes her head.

“All you have to say is, ‘no,’” the man says, backing off the bus.

Two women get on around him. They carry small suitcases and chat in Mandarin. The driver leans around the women.

“I did say ‘no,’” she says.

“No you didn’t,” the man says over his shoulder. “You said, ‘Mm-mm.’”

The two women pay their fares and find seats, chatting all the while. The driver raises her voice out the door.

“Same thing, though,” she says. “You understood me.”

The man shakes his head, and carries his tote bag over to a bench to sit and wait for the next bus, hoping for a “yes,” or at least a properly uttered “no.”

*****

Jeff Nazzaro lived in Japan for twelve years and now makes his home in Southern California. His flash fiction has appeared in several publications, including BareBack, and is forthcoming in Dogzplot and Fear of Monkeys.