Sunday, 3 December 2017

A Sonnet to the Siren Allegra - Red nails and blue finger nails, slightly open mouth, coquette by Lenore S. Beadsman



Buoyant as the simmering sea and lights from about to careen about
The charging at but spouted at is her tangible frame to steer apart
The conditions have made the lightly frigid way of her cigarette be
The spared not symptoms have aligned around the stagey but a pout
Must be the allegiance to conform around the turgid spaced not start
The leave taking was humiliating to taste on her drummed up true flee

Would it ever be alighted to conform like the turgid tamed crutches are
The frequent not been so willingly the arched and tepid wave of the host
Was for her to stammer over the ease of the stuff is there to impale sure
Tested trances with the nail polish of blue and red and somehow so far
The moderate filtering is around the softer side of the really too true most
Was is the tainted trail to convene in the spotty messes is her sheet a blur

Tuesday, 28 November 2017

Poem by Walter Ruhlmann

Massif de la Chartreuse by Walter Ruhlmann


You say you want me inside you
but you don’t know what’s inside me.
The roguery, the erratic wolf craving for
more
meat.

What’s happening inside ourselves
always erupts and bursts outside,
in the shades of some unfathomable shelters
where we cherish the sheer moments of calm.

Now you're there, looking for me,
absolutely nothing could reassure you;
humming like I used to in the time
when we blossomed.

The mountains encircle neuralgia,
clear water is springing from their flanks
like dark blood is spurting from a corpse.

Nostalgia are at peace with themselves
but they will never leave us unharmed.
Let's collapse in the deep corridors of mercy
and burrow through a chemical shroud,
or a shredded duvet.

                                                                             from Fandango, to be published at Urtica in 2018

*****

Walter Ruhlmann works as an English teacher, edits Urtica and Beakful. His latest collections are Crossing Puddles (Robocup Press), 2015 and Civilisé (Urtica), 2017. His blog http://thenightorchid.blogspot.fr

Sunday, 12 November 2017

Hébron de Harry R. Wilkens (traduit par Frédéric Maire)

Des Israéliennes en exercice durant leur service militaire (archive de 2005). © EPA. - EPA/IDF.

Magnifiques
filles
françaises & russes
& orientales,
en mitraillettes,
prêtes à
tuer
non à
baiser,
incapables
de s'imaginer
faire l'amour
avec un beau
garçon arabe
au lieu de coucher
avec leurs
complices tarés
et calottés
et autres vermines
en mitraillettes
se déversant
sur cette
terre bénie.


Harry R. Wilkens (1996)
Plus ici sur l'auteur

Tuesday, 29 August 2017

Tableau de Murièle Modély



Ça avait commencé bizarrement. D’abord elle avait saigné. Le jour même où Bob était parti. Pure coïncidence bien sûr. Même si elle trouvait assez drôle de saigner des deux côtés. Enfin drôle, elle n’avait ri qu’intérieurement, ses lèvres enflées était trop douloureuses. De petits filets de sang formaient des lignes courbes sur son menton et son cou. Un flux irrégulier dessinait des routes en lacets sur ses cuisses et ses jambes. Elle était allongée par terre devant le miroir, et regardait la cartographie misérable s’élaborer sur sa peau en rouge et brun.

Bob était parti. Avec les meubles. Et l’argent. Il n’avait laissé que l’armoire et son miroir tout piqué, que sa tête heurtait plus d’une fois à son tour, quand la colère montait. Elle voyait dans les lignes brisées, le reflet de son corps mâché. C’était étrange, on aurait dit une carte du monde divisée en continents irréconciliables. Il y avait ces espaces vides, ces frontières, ces montagnes jaunes ou bleues - tout dépendait du début de leur formation, ces minces rus vermillon et cette rivière pleine de caillots grenat qui tentaient de recréer l’océan sous ses fesses.

Elle ne se reconnaissait pas. Et aurait ri encore si sa mâchoire ne grinçait pas autant quand elle ouvrait la bouche. Elle s’était mise nue pour observer le phénomène. De toute façon, ses vêtements étaient en lambeaux. Ils gisaient en tas comme témoignage d’une énième catastrophe climatique, dont elle n’aurait pas anticipé les conséquences. Elle ne voulait pas y penser, alors elle détaillait dans le miroir cet amas de chair marbré dont les couleurs se mêlaient en un nouveau paysage.

Elle avait toujours rêvé de peindre, voilà ce qu’elle pensait. Oui, peindre. Elle, dont il disait en ricanant qu’elle ne savait rien faire de ses dix doigts. Ça avait commencé comme ça. Elle avait  plongé ses doigts entre ses jambes pour accélérer le flux, et avait posé la matière molle sur les espaces blancs de sa peau. Pour qui se prenait-elle ? Peindre, bordel, quelle merde ! D’abord par petites touches, ses doigts hésitants sur l’endroit exact où déposer ces bouts de pourpre. Puis par grands aplats, sa main comme un pinceau esquissant cinq longues traînées grasses sur son ventre ou ses seins.

Quand les pigments vinrent à manquer, elle attrapa le couteau. Celui là même qu’il avait posé le matin sur sa carotide, tout en gueulant quelque chose d’incompréhensible à ses oreilles. De la pointe elle appuyait ici ou là, faisant éclater la chair comme de petits abcès. Cela ne faisait pas mal. Moins en tout cas qu’une gifle ou qu’un coup de pied. Tu ne vaux rien ma pauvre fille ! Le trait était fin et précis. Elle pouvait à sa convenance étirer la ligne ou l’épaissir. Ce n’est que plus tard qu’elle ressentit le besoin de jeter de grandes quantités de rouge sur la toile.

Et le sang s’était mis à couler plus vite. Ses mains étaient devenues moins adroites, plus gauches. Elle regardait avec un mélange d’effroi et de jouissance la modification du dessin dans le miroir. Cela ne faisait pas mal. Cette carte plus complexe, moins lisible, et rouge, si rouge, c’était elle. Elle éprouvait même une joie indicible à l’idée qu’à mesure qu’elle se vidait, la nature morte prenait vie. Et elle espéra que peut-être, après, son tableau finirait examiné à la loupe comme une scène de crime.

Sunday, 20 August 2017

The Indolent Magician by Matt Dennison

The Magician by Ruth Hunter, 2012


I perform tricks for the children
at the roadside attraction, mannequins,
bedpans and teeth being the main of my draw.
It is unpleasant work but must be done,
for the mind—slick coil!—does not travel easily
to the suffering of others. Offering prayers
like scissors I ask what they want. What sounds
come out I cannot recall. They make noises.
I have been to the slaughterhouse. The beasts
know they are to die.— But this! this eye of my
inner wrist upon nostrils, coin-slots and spines!
It tires one completely, ribbed in a teat-vine
of request—“O me!”—though faith in a slack-
tongued siesta resides. And what little sinkling
is this? What sketch of an Agonist have we?
We could use a boy with a cross-scar on his cheek,
I resume to mutter, placing buckets among the line
—though he, fattened on bastards and pearls
of our own making, appears unhappiable.
Déjà rêvé!”  he weeps at my approach,
as if the bolt and blowpipe of Christ Himself
were shattered in this crime. “O petite chose morte—”
I mince between rough horns and whistles,
ils ont même vos doigts!” And though
the actual devil sparks—must emit sparks,
poor bastard—I approach slowly, to keep from
passing through. Begin the star opera? Bien.
Thick brushed? Of course. Time? I am time:
Seal up the pearl-maker! Slide the salty gate!
As for the poor with their color and spice—
one ladle of air across the tongue, and slice.


first published in Petrichor Machine 2015

*****

After a rather extended and varied second childhood in New Orleans, Matt Dennison’s work has appeared in Rattle, Bayou Magazine, Redivider, Natural Bridge, The Spoon River Poetry Review and Cider Press Review, among others. He has also made short films with Michael Dickes, Swoon, and Marie Craven.

Saturday, 8 July 2017

Civilisé désormais disponible

Cover illustration by Norman J. Olson
J'ai écrit les premiers textes du recueil civilisé en 2005 sans savoir à l'époque qu'ils  seraient réunis dans ce recueil. Entre 2011 et 2015, je n'ai quasiment écrit qu'en anglais et j'ai publié 5 recueils en anglais toujours disponibles (Maore, From Mayotte [Lapwing Publishing], Carmine Carnival [Lazarus Media], Twelve Times Thirteen [Barometric Pressure -- Kind of A Hurricane Press], The Loss [Flutter Press] et Crossing Puddles [Robocup Press] tous écrits entre 2011 et 2014 et publiés en deux ans) et deux en français (Etranges anges anglais et Post Mayotte Trauma [mgv2>publishing] toujours disponibles)

Il m'a fallu faire pause et je n'ai pour ainsi dire rien publié et encore moins écrit depuis la fin de l'année 2015 jusqu'à maintenant. (Je viens juste de proposer quelques textes à des revues américaines dont un poème écrit ce mois-ci que je couvais depuis près d'un an).
Civilisé, renoue avec la noirceur des débuts, un style plus directs, des images aussi fortes que dans Les chants du malaise mais avec vingt ans de plus de maturité.

J'ai choisi une toile de mon ami Norman J. Olson avec lequel j'ai collaboré longtemps pour la revue mgversion2>datura et les éditions mgv2>publishing, qui en dit long et qui fait écho à l'état d'esprit dans lequel ces poèmes ont été écrits: un homme ventru, vieillissant, nu, plutôt déprimé, pâle, à terre, mais pas encore terrassé, toujours homme, ou viril, si l'on veut.

Ce recueil est disponible depuis le 1er juillet. 7€ frais de port inclus. Pour plus de détails me demander par mail wruhlmann@gmail.com


Extraits

L'immigrée

Tu veux parler des hommes et de leur queue tendue,
c'était il y a longtemps.
Cette instabilité,
douter toujours de tout,
c'était encore hier

La goutte d'eau a chu,
les vases ont débordé.
Ventre mou, ventre nu, la raison s'est enfuie ;
elle a quitté la zone.

Cherche encore un peu plus le besoin de bouger,
de hisser haut les voiles,
décoller, tout détruire,
pour tout recommencer.

L'autre fois, souviens-toi, tu parlais de Zelda.

Combien d'enfants bâtards a-t-elle eu depuis lors ?
Elle a fait de ta vie un bordel illusoire,
un chaos sans limite, sans coupure, sans même le savoir.

Si tu la croises un jour,
dans la rue, ou la nuit,
gifle-la,
elle saura dire pourquoi.

*****

Bons baisers d'Euphor

Sur le pavé, je voyais des formes étranges apparaître.
La tête de Spartacus
ou celle, plus enivrante, plus moderne aussi,
d'Actarus.

Les princes
qu'ils viennent de Thrace ou d'Euphor
ont toujours hanté mes matinées glacées,
mes nuits chavirées.

Plus tard
- beaucoup plus tard -
c'est par leurs rires que je me suis senti le plus entamé.

Les princes ont toujours eu la gorge ouverte
et les yeux ébahis
au lit.

Je voyais leurs ailes grandir
au même rythme que leurs sexes
qui s'étalaient autour de moi
un peu partout
en moi
sur moi
dans mes yeux et dans les nuages.

Je m'envolais aussi
loin de ce nid
pour rejoindre
en rêve
dans la salle de bain
les coloriages imaginés,
les petits graviers incrustés,
aux formes des princes bienheureux,
aux formes de princes ténébreux.