Saturday, 8 July 2017

Civilisé désormais disponible

Painting by Norman J. Olson


J'ai écrit les premiers textes du recueil civilisé en 2005 sans savoir à l'époque qu'ils  seraient réunis dans ce recueil. Entre 2011 et 2015, je n'ai quasiment écrit qu'en anglais et j'ai publié 5 recueils en anglais toujours disponibles (Maore, From Mayotte [Lapwing Publishing], Carmine Carnival [Lazarus Media], Twelve Times Thirteen [Barometric Pressure -- Kind of A Hurricane Press], The Loss [Flutter Press] et Crossing Puddles [Robocup Press] tous écrits entre 2011 et 2014 et publiés en deux ans) et deux en français (Etranges anges anglais et Post Mayotte Trauma [mgv2>publishing] toujours disponibles)

Il m'a fallu faire pause et je n'ai pour ainsi dire rien publié et encore moins écrit depuis la fin de l'année 2015 jusqu'à maintenant. (Je viens juste de proposer quelques textes à des revues américaines dont un poème écrit ce mois-ci que je couvais depuis près d'un an).
Civilisé, renoue avec la noirceur des débuts, un style plus directs, des images aussi fortes que dans Les chants du malaise mais avec vingt ans de plus de maturité.

J'ai choisi une toile de mon ami Norman J. Olson avec lequel j'ai collaboré longtemps pour la revue mgversion2>datura et les éditions mgv2>publishing, qui en dit long et qui fait écho à l'état d'esprit dans lequel ces poèmes ont été écrits: un homme ventru, vieillissant, nu, plutôt déprimé, pâle, à terre, mais pas encore terrassé, toujours homme, ou viril, si l'on veut.

Ce recueil est disponible depuis le 1er juillet. 7€ frais de port inclus. Pour plus de détails me demander par mail wruhlmann@gmail.com


Extraits

L'immigrée

Tu veux parler des hommes et de leur queue tendue,
c'était il y a longtemps.
Cette instabilité,
douter toujours de tout,
c'était encore hier

La goutte d'eau a chu,
les vases ont débordé.
Ventre mou, ventre nu, la raison s'est enfuie ;
elle a quitté la zone.

Cherche encore un peu plus le besoin de bouger,
de hisser haut les voiles,
décoller, tout détruire,
pour tout recommencer.

L'autre fois, souviens-toi, tu parlais de Zelda.

Combien d'enfants bâtards a-t-elle eu depuis lors ?
Elle a fait de ta vie un bordel illusoire,
un chaos sans limite, sans coupure, sans même le savoir.

Si tu la croises un jour,
dans la rue, ou la nuit,
gifle-la,
elle saura dire pourquoi.

*****

Bons baisers d'Euphor

Sur le pavé, je voyais des formes étranges apparaître.
La tête de Spartacus
ou celle, plus enivrante, plus moderne aussi,
d'Actarus.

Les princes
qu'ils viennent de Thrace ou d'Euphor
ont toujours hanté mes matinées glacées,
mes nuits chavirées.

Plus tard
- beaucoup plus tard -
c'est par leurs rires que je me suis senti le plus entamé.

Les princes ont toujours eu la gorge ouverte
et les yeux ébahis
au lit.

Je voyais leurs ailes grandir
au même rythme que leurs sexes
qui s'étalaient autour de moi
un peu partout
en moi
sur moi
dans mes yeux et dans les nuages.

Je m'envolais aussi
loin de ce nid
pour rejoindre
en rêve
dans la salle de bain
les coloriages imaginés,
les petits graviers incrustés,
aux formes des princes bienheureux,
aux formes de princes ténébreux.

Datacenter de Léonel Houssam: Nous sommes des morts-vivants dans le déni

Couverture de Datacenter. Photo de Yentel Sanstitre

« Je comprends le point de vue de certains qui m'invitent à écrire moins incisif afin de toucher un lectorat plus large, mais c'est un peu comme remplacer la lame d'une guillotine par une feuille de bananier, ça n'aurait plus de sens. Je n'ai pas à m'adapter à la sensibilité fragile de la plupart des lecteurs autrement je dresserais face au flux de mots qui dévalent de ma psyché un barrage de techniques narratives qui assécheraient le torrent. »

Hier sur l’une de ses pages Facebook, Léonel Houssam répondait ainsi à ceux qui lui indiquent quoi faire de son écriture pour gagner plus de lecteurs. Ceux-là n’ont rien compris. Léonel Houssam –  ou ses autres avatars, disparus – n’écrit pas sous la dictée, il ne s’embarrasse pas du goût du plus grand nombre, il le vomit justement. On n’entre pas dans un de ses livres comme dans n’importe quel autre, c’est aussi cela qui en fait un auteur à part, c’est ce qui est attirant pour les lecteurs qui le suivent depuis le début, ou du moins depuis longtemps.

Son dernier livre Datacenter est un récit fictionnel illustré des photographies de Yentel Sanstitre, artiste d’origine suisse. Que ce soit un choix de l’éditeur (les éditions du Pont de l’Europe) ou de l’auteur lui-même, toutes les photos sont placées au début du livre et servent de préface au récit qui suit. Elles nous présentent l’auteur, que la photographe met en valeur, sur fond de paysages urbains, littoraux, des objets parfois déroutants (un sac rempli d’eau, un zèbre empaillé, une seringue) et c’est à travers ces différentes vues que nous entrons dans l’univers gris et froid, déshumanisé du récit. 

Centré autour d’un personnage principal, Glam Del Rossi, le récit est en réalité un long monologue entrecoupé de quelques passages descriptifs et d’interventions des rares personnages secondaires. Del Rossi pourrait sans doute être l’un des avatars de l’auteur/narrateur et il est rassurant de se dire que Léonel Houssam a écrit ce texte plutôt que d’en accomplir les faits lui-même. Ce monologue est un flot de parole que seul le découpage en différents chapitres apaise succinctement.

Le propos de Glam Del Rossi : la ville, le pays (la France) et la société contemporaine sont les ramifications d’un seul et même monstre : le datacenter ou centre de données. Depuis plus d’une décennie, nous ne sommes pas dupes, toutes nos vies d’utilisateurs d’internet et des objets dits connectés sont aspirées et classées par les services de renseignement ou les corporations de différents pays à des fins de sécurité ou plus fréquemment commerciales. Nous ne sommes plus in incognito parce que nous le voulons bien et que nous valons notre pesant d’or pour ces gens-là.

Datacenter nous plonge dans les miasmes de la société moderne : consommation à outrance, déshumanisation irrévocable, noirceurs des esprits rendus mous, impassibilité des gens, surenchère de la violence… La violence de ce récit – il y en a – est là non pas pour être seulement mais bien pour dire, ou sous-entendre, que nous y sommes contraints – à la fois victimes et bourreaux – dans nos rapports à l’autre, dans nos parcours respectifs, de la naissance à la mort.

Lire les romans de Léonel Houssam, et particulièrement Datacenter, c’est accepter, toujours, de se voir dans un miroir, de voir la société sans filtre, sans édulcorant ; accepter que le déclin est là, que l’extinction, dont il s’est fait le témoin et le rapporteur insatiable, est inéluctable et que nous sommes mort-vivants non sans le savoir, mais dans le déni le plus ineffable.

Datacenter de Léonel Houssam. Editions du Pont de l’Europe. 12€

Monday, 26 June 2017

The Bane of My Hypocrisy by Allison Grayhurst

The Way Down by WH 


Point - a head twisted backwards,
gazing with upside-down eyes
at the rainy world, a tightly woven
madness that is interrupted at the moment
of release, beauty recovered
but broken before experienced - an acorn
crushed by a car wheel - the treacherous and
oblivious - a candle looked at but never lit.
It is the time of a baby’s teething, when pain drools out in
a flooding aftermath of unnameable agony.
This is the child who
has no use for the outside world. This is me curled into
a dull surrender - unsure if there is a next move,
if there will be a time when I can rid myself of the bile
filling my belly - the corporate pimps and sluts, the self-
important money-makers, the big little people,
these devil’s minions who try to bury me in their fear
and their soulless security, panting at my doorstep
with their sewn-on smiles and breath
of fresh infant’s blood.

*****

Allison Grayhurst is a member of the League of Canadian Poets. Three times nominated for Sundress Publications “Best of the Net” 2015, she has over 1000 poems published in over 410 international journals. She has sixteen published books of poetry, seven collections and nine chapbooks. She lives in Toronto with her family. She is a vegan. She also sculpts, working with clay; www.allisongrayhurst.com

Friday, 23 June 2017

Civilisé nouveau recueil à paraître de Walter Ruhlmann

Painting by Norman J. Olson


J'ai écrit les premiers textes du recueil civilisé en 2005 sans savoir à l'époque qu'ils  seraient réunis dans ce recueil. Entre 2011 et 2015, je n'ai quasiment écrit qu'en anglais et ai publié 5 recueils en anglais toujours disponibles (Maore, From Mayotte [Lapwing Publishing], Carmine Carnival [Lazarus Media], Twelve Times Thirteen [Barometric Pressure -- Kind of A Hurricane Press], The Loss [Flutter Press] et Crossing Puddles [Robocup Press] tous écrits entre 2011 et 2014 et publiés en deux ans) et deux en français (Etranges anges anglais et Post Mayotte Trauma [mgv2>publishing] toujours disponibles)

Il m'a fallu faire pause et je n'ai pour ainsi dire rien publié et encore moins écrit depuis la fin de l'année 2015 jusqu'à maintenant. (Je viens juste de proposer quelques textes à des revues américaines dont un poème écrit ce mois-ci que je couvais depuis près d'un an).
Civilisé, renoue avec la noirceur des débuts, un style plus directs, des images aussi fortes que dans Les chants du malaise mais avec vingt ans de plus de maturité.

J'ai choisi une toile de mon ami Norman J. Olson avec lequel j'ai collaboré longtemps pour la revue mgversion2>datura et les éditions mgv2>publishing, qui en dit long et qui fait écho à l'état d'esprit dans lequel ces poèmes ont été écrits.

Un homme ventru, vieillissant, nu, plutôt déprimé, pâle, à terre, mais pas encore terrassé, toujours homme, ou viril si l'on veut.

Ce recueil sera disponible le 1er juillet. 7€ frais de port inclus. Pour plus de détails me demander par mail wruhlmann@gmail.com


Extraits

Nous évoluons dans un milieu septique


Il y a des moutons à cinq pattes et des cochons volants
en Angleterre.
Il y des poules avec des dents, des casses pieds, des entêtes, furieuses d'avoir été laissées tomber.
Elles sombrent dans les pieds de page sans fond, aux instincts glauques,
dans les instants trompeurs aux intestins fragiles.

La crasse balaie nos rayons bleus,
elle annihile l'espoir riant,
la coupe est pleine, elle se déverse en jus infâme autour des canapés brûlés.

J'écrase les mégots dans des tasses de thé,
je sens le gaz souffler à mes narines,
un air marin de pacotille.

Le ciel gris sur les monts enneigés,
neiges éternelles salies par les scories mentales des touristes cramoisis.

Fais-toi mouton de Panurge, gant de velours autour d'une main de fer,
fais-moi chavirer dans la pénombre des entrailles de la Terre.
Le soleil broie le corps émacié du corbeau,
il rôtira ce soir sur la grille de mon barbecue.

*****

Tu pues sapiens


Fallait-il cet objet flasque et moite,
impossible à toucher sans qu'il crève,
impossible à saisir sans qu'il glisse ?

Manquer de croire encore et, souvent,
imaginer l'éponge – la conscience de soi :
elle insuffle sans doute un contenu opaque
à sapiens.

Accroupi sous un sapin
où il écaille des fruits,
perdu, nu, gelé jusqu'à la moelle.

La montagne, un bercail incertain,
un havre navrant, blanchi soudain
et con
tant qu'il en est vomi

sur les chemins sinueux qui descendent en amont
des rivières, des cours d'eau, bouillonnants
superflus, aux crues gluantes et ternes.

Les odeurs indescriptibles,
les gymkhanas à skis, slaloms mollassons,
un cri fait écho à la forte puanteur,
un hurlement lugubre venu des aubes
des dernier survivants
humains :
tu pues sapiens !

Sunday, 18 June 2017

Datacenter de Léonel Houssam aux éditions du Pont de l'Europe


DATACENTER Léonel Houssam - Photographies de Yentel Santitre
12€
CATÉGORIE :
Livre - Récit
RÉFÉRENCE :
ISBN 978-2-36851-184-8
DESCRIPTION :
Disponible le 23 juin 2017

Nos dépouilles peinent à percer le mystère de l'envie au-delà de la mort, les débris de nos âmes, la distorsion de la notion de bien et de mal, du merveilleux et de l'horreur, ils partouzent sur nous avec bonheur, ils transpirent, giclent, vomissent sur nos pauvres carcasses accrochées aux caddies, des débris, je vous dis, des débris, nous sommes des débris de morale, des déchets d'âmes, des alevins gluants classés sans suite dans les câbles du DATACENTER !

Léonel Houssam - DATACENTER

Photographies de Yentel Sanstitre

146 pages - Papier  couché semi mat 135 g

Envoi postal en lettre suivie

Sunday, 14 May 2017

Cannes, festival off de Jérémy Bérenger

Les mendiants, Pieter Brueghel l'Ancien

Le crooner blazer rouge canotier vomit du Sinatra dans son amplikaraoké, qui se venge par de stridents larsens. Son pseudonyme ronfle en lettres vermillon sur un panneau scotché de petites gloires découpées dans des journaux confidentiels, disparus, sabordés. Vacations minables, banquets d'hospices, arbres de Noël caritatifs, baloches de sous-préfectures indigentes, petites gloires obsolètes, jaunies, avortonnes, à l'image de son singe savant - impossible groupie ? Egérie ? Progéniture ? - échappé d'une toile de Brueghel l'Ancien, manteau élimé griffé Secours Popu, qui promène une sébile parmi les passants goguenards. A quelques pas, un mime au crâne rasé ne remue que son oreille droite  depuis dix Palmes d'or. Trois flics plus loin, un pauvre vieux ramassé en tas sur un pliant joue des rengaines préhistoriques sur un synthé calamiteux. « La musique m'a sauvé de la polio », affirme-t-il par l'intermédiaire d'un panonceau à la peinture écaillée. Belle lurette qu'il est branché sur pianotage automatique, et qu'il ne remarque plus le bétail qui ne le remarque pas, ou à peine. On le pose le matin sur son arpent de pavé taxé. Au soleil tombé, on vient le reprendre, on le couche et on va boire ses maigres oboles.

Ce soir, au Bunker, sont attendus Deneuve, De Niro, Binoche, Bruce Willis. Délire grandiloquent dont je n'ai cure, n'en goûtant que le contrepoint dérisoire. Je ne sors, durant le Festival, que pour arpenter cette Croisette des miracles inaccomplis, et m'adonner à la contemplation jubilatoire des mêmes rogatons du Spectacle admis chaque année, sur le front de mer, à afficher leur sourire jaune, quand récolter des miettes les fait encore sourire. Miettes laissées par des mythes vivants, inaccessibles, accomplis, reconnus. Pas eux, qui gardent la foi qui soulève des montagnes bien pesantes, en vérité. Foi aveugle en un talent qui ne rencontrera jamais d'autre public que le chaland venu applaudir des divinités entraperçues derrière les glaces fumées d'interminables limousines. Eux, bateleurs felliniens sans Fellini possible, se revendiquent de leur monde. Le spectacle est une grande famille, dit-on. Y croire. Pas de famille sans ses ratés, dit-on aussi. Y croire  quand même. Keep positive ! Vaut mieux.

Dix jours pour cela. Dix jours de manche sans belle, de picaillons jaunes au fond d'un fond de bouteille d'eau minérale, de casquettes piétinées. De quête, mais plus celle de la reconnaissance. Trop tard. Sont-ils autre chose que de pittoresques profondeurs de champ ? Là où, figurants sans cachet, ces bouffons déchus ne se dépêtrent pas de leur bohème, les stars ont réussi, d'abord et surtout, une alchimie dont l'opération est rendue improbable à la vocation grévée par l'isolement et une tenace impécuniosité : transmutation d'un talent en contrats à tiroirs, en articles de presse à sensation et en sauf-conduits transmissibles par voie d'héritage, via les réseaux d'influences adéquats - les conjonctions s’opérant lors de cocktails, de galas donnés en des salons et antichambres où s'entretiennent, se maintiennent et perdurent l'entre-soi, l'esprit de corps élitaire, électif, auto-exalté après s'être autoproclamé. La carrière s'ensuit, cloisonnée dans une image affinée au gré des tendances, parée de toilettes sur mesures fluctuantes au fil des grossesses, des anorexies, des overdoses, des passages à vide et des rumeurs sidéennes, le tout sanctionné par toujours plus de zéros se succédant derrière des monnaies fortes, insolents au regard des salaires symboliques consentis à ceux qui par millions, tiennent pour référence idéalisée leur étalon de dilection - ledit modèle fût-il entaché de parano camée, alcoolisée, suicidante pour atteindre au mythe - la mort violente permettant seule l'admission au Panthéon de la légende.

La descendance, s'il y en a, prendra le relais, selon le principe éprouvé de reproduction des élites. Talent ou pas, il est des noms à qui tout est redevable et dû, qui sont autant de labels de pérennité rassurante, retors aux remises en cause, garants de parts de marché et par là, favoris des castings et des commissions d'avance sur recette, de la même façon qu'ailleurs, il est des noms qui échappent d'office au crible des sélections sur des critères de compétence, à ceux des comités de lecture, des entretiens d'embauche et autres abattoirs d'impétrances. On va se servir chez le même tripier parce qu'il est le fils d'un tripier renommé et qu'on sait où on va. Ainsi donc, en cinéma et plus largement en art, s'il est des noms qui signifient un destin, il en est d'autres qui ressemblent férocement à des fatalités.

Tel Luis Bastiano, le crooner canotier veste-rouge, dont le show est  interrompu par l'irruption intempestive de gardiens de la paix relative, provoquant les glapissements de son singe savant. Attroupement immédiat.  Faisceaux, braqués sur l'échauffourée, d'objectifs en mal de bêtisier. Le crooner est prié de regagner sa loge, faute de pouvoir produire le ticket de trottoir qui lui donne le droit de mettre en espace son échec. Je pense, sans une once de commisération, à la quantité industrielle de sardines en boîte que le malheureux a dû ingurgiter depuis le début de son anti-carrière. Dure est la réalité. Précoces sont les fins de mois. Misérables sont les kleenex empesés des rêvasseurs qui n'ont jamais compris que hors la détention d'un nom-label hérité de droit médiatique, le talent, s'il est authentique, se cultive, se façonne et ne s'accomplit qu'au prix d'une exaltation sans trêve de son unicité. Résistant au réel avec pour seul arme sa spécificité, l'artiste viscéral crée son style et se crée le sien sans parodie ni concession, et à l'éventuel public et aux critères posés par les instances décisionnelles du moment. Hurler avec les loups signe la déchéance d'une vocation. Quand on ne sait pas faire sans, alors qu'il est impossible de faire avec, on se tait à jamais. Les flics embarquent Luis Bastiano et son singe savant. Les lazzi fusent, mais les uniformes n'en sont pas la cible. Le bétail pardonne ses pires errements aux stars qu'il encense. Aux ratés, il réserve ses ordalies, comme naguère aux idiots, aux bossus, aux bâtards.

Nouvelle publié dans Mauvaise graine numéro 23, juin 1998

Saturday, 22 April 2017

Acid rain by Mark Young



It was some little overdone
b!tch—resin rings, resin cuffs,
patent leather pumps, the cutest
little suede & leather handbag,
& the entire ensemble topped off

by a parasol the size of a circus big
top—that Engels was trying to chat up
who first theorized the relationship
between the family & women's
oppression, & opined that the

literature on the latest designer
toys illustrated the paradigm that
the types of familial relations with-
in which humans live are neither
instinctive nor eternal.